Note de lecture : Philosophy and Simulation III

Un résumé du chapitre 3  du livre Philosophy and Simulation – The emergence of a synthetic reason intitulé Artificial Chemistries and the Prebiotic Soup. Lire la suite

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Philosophy and Simulation : Interlude

Manuel DeLAnda

Cette série d’articles sur le livre de Manuel DeLanda doit être comprise comme une tentative de vulgarisation scientifique à travers le prisme philosophique. Il ne s’agit pas de décrire des réalités scientifiques en tant que telles mais d’en extraire progressivement un ou plusieurs concepts scientifiques et de voir comment ils peuvent intéresser la formation d’un ou plusieurs concepts philosophiques. Par exemple, le concept d’émergence est un concept scientifique déduit à partir d’observations elles-même scientifiques et, à l’intérieur de chaque chapitre, Manuel DeLanda décrira comment ce concept se conserve et se spécifie selon la nature des phénomènes observés. Ce n’est qu’après avoir fait le tour de ces descriptions que l’on se demandera quel peut-être la caractérisation et la pertinence d’un concept philosophique d’émergence. C’est aussi le cas en ce qui concerne la simulation. Après en avoir étudier à chaque fois les procédés, on se proposera d’en tirer des hypothèses sur les continuités et les ruptures qui sont introduites par rapport au type de représentation ainsi forgée. Lire la suite

Note de lecture : Philosophy And Simulation (I)


Le titre complet est Philosophy and Simulation : the Emergence of a Synthetic Reason et comme vous l’aurez compris, le livre n’est pas traduit en français. L’auteur en est Manuel DeLanda dont on avait déjà traduit un article sur ce blog même. Ces notes de lecture seront assez scolaires puisqu’il faut donc surmonter la barrière de la langue (mais DeLanda, à l’instar du latin de Spinoza, a lui-même un anglais assez scolaire) mais également parce qu’on aborde à des rivages inconnus. Le sujet de ce livre consiste à exposer les concepts clés de la modélisation informatique dans divers champs scientifiques. En raison donc des domaines abordés (programmation informatique, mathématique, physique, biochimie, etc…), et malgré la méthode d’exposition très didactique employée par l’auteur, le compte-rendu que j’entreprends sera donc très littéral et consistera à résumer les chapitres un à un. Il n’empêche qu’on espère retirer de ce travail de quoi se poser à nouveau frais la question de la rationalité scientifique à l’ère de la simulation informatique. Lire la suite

Note de lecture : l’image-temps (fin)

Auteurs : Constanza Casas (CL), Mark C Mitchell (AU), Pieter Steyaert (BE)
Site : http://www.thecreators.tv/

Il y a trois axes que je retiendrais après la lecture de L’Image-Temps.

Le premier, nous l’avons déjà rencontré, concerne la méthode génétique. Dans L’Image-Mouvement, la méthode génétique consistait à partir d’un univers-image puis, en y insérant le schème sensori-moteur (perception – affection – action), déployer les signes de l’image-mouvement tel que le cinéma classique nous le donne à voir. Dans L’Image-Temps, le procédé génétique se poursuit mais on part cette fois de la rupture du lien sensori-moteur et ce sont alors les signes de l’image-temps que se déploient.

Le second axe nous donne des éléments qui permettent de répondre à la question du pourquoi de la méthode génétique. En effet, on pouvait à bon droit se demander pourquoi cette méthode plutôt qu’une autre était choisie. Autrement dit, il s’agissait de se demander quel est l’enjeu pratique ou existentiel d’une méthode théorique et abstraite. Quelle est la réalité que l’on se propose de découvrir et d’explorer ?

Enfin le dernier axe consistait à reprendre notre questionnement à partir de la lecture des deux livres sur le cinéma. À la recherche d’une éventuelle « pensée visuelle » ou « pensée-multimédia », d’une forme de pensée qui trouverait des conditions d’intelligibilité en dehors du langage écrit, à quoi peut nous être utile la théorie deleuzienne ?

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Toujours en compagnie de Bergson (suite et fin)

Ou les conditions de la médiation socio-culturelle

Gilles Deleuze

Nous poursuivons dans cet article le traitement que nous avons commencé d’infliger au chapitre « la mémoire comme coexistence virtuelle » du livre le Bergsonisme écrit par Gilles Deleuze. Nous étions partis chez Bergson de quatre propositions caractérisant la durée, notamment dans le rapport qui s’établit entre le passé et le présent. Nous avions alors introduit la question des supports de mémoire tels qu’ils se trouvent être disponibles sur Internet. Les principaux enseignements que nous en avions tirés consistaient en quatre points : 1) la disponibilité des supports de mémoire est permanente et actuelle tandis que la disponibilité de leur contenu est permanente mais virtuelle au sens philosophique du couple actuel/virtuel ; 2) l’infinie variété des contenus disponible virtuellement sur Internet constitue un inconscient à la fois machinique et collectif qui tend à éroder les frontières d’un inconscient psychologique et individuel ; 3) l’existence virtuelle de ces contenus implique qu’on ne peut se les approprier que dans l’expérience de la durée au sens bergsonien du terme ; 4) contre cette appropriation, on trouvera en première ligne le marketing neuronal comme ce qui dénature l’expérience de la durée en en niant la dimension virtuelle bien qu’il l’exploite de fait.

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Toujours en compagnie de Bergson

Cet article tente un exercice délicat. On a continué de lire le livre que Gilles Deleuze a consacré à Henri Bergson, on a extrait le chapitre qui s’intitule « La mémoire comme coexistence virtuelle » et on se propose rien moins que d’intégrer à la suite des problèmes et des propositions prélevés dans la pensée de Bergson, telle qu’elle est décrite dans ce chapitre, un élément qui lui était alors inconnu. En effet, notre intérêt pour Bergson était lié à la question de savoir quelle pouvait être l’utilité de ses concepts pour appréhender le phénomène de ce que j’ai appelé la synchronie mondiale mais que d’autres ont pu appelé avec plus de bonheur le temps-lumière par opposition au temps-carbone. Nous voulons dire par là l’existence d’une infrastructure technologique (Internet) qui articule une extension planétaire et des techniques (audiovisuelles) reproduisant le flux de la conscience. Nous nous disions alors que le penseur qui avait construit une ontologie à partir de l’expérience de la durée pouvait nous donner des outils pour saisir et travailler le matériau qu’est internet. Et bien il se pourrait que ce que Deleuze synthétise dans le chapitre sus-nommé nous fournisse ces fameux outils que nous cherchions.

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