Note de lecture : Philosophy And Simulation (I)


Le titre complet est Philosophy and Simulation : the Emergence of a Synthetic Reason et comme vous l’aurez compris, le livre n’est pas traduit en français. L’auteur en est Manuel DeLanda dont on avait déjà traduit un article sur ce blog même. Ces notes de lecture seront assez scolaires puisqu’il faut donc surmonter la barrière de la langue (mais DeLanda, à l’instar du latin de Spinoza, a lui-même un anglais assez scolaire) mais également parce qu’on aborde à des rivages inconnus. Le sujet de ce livre consiste à exposer les concepts clés de la modélisation informatique dans divers champs scientifiques. En raison donc des domaines abordés (programmation informatique, mathématique, physique, biochimie, etc…), et malgré la méthode d’exposition très didactique employée par l’auteur, le compte-rendu que j’entreprends sera donc très littéral et consistera à résumer les chapitres un à un. Il n’empêche qu’on espère retirer de ce travail de quoi se poser à nouveau frais la question de la rationalité scientifique à l’ère de la simulation informatique. Lire la suite

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L’offre documentaire dans les bibliothèques rurales à l’âge de l’infobésité.

Un retour sur le cycle de formations intitulé CULTURE NUMERIQUES : sensibilsation et expérimentations

et

Une contribution à la question d’une politique documentaire concertée

La question est simple : les bibliothèques rurales du futur seront-elles des comptoirs en terre étrangère (la campagne) pourvoyeuse d’infobésité générées par nos métropoles ou bien peuvent-elles prétendre agir comme des cribles qualitatifs auprès des habitants qu’elles ont pour mission de servir ?

On trouve tout de suite la notion de l’offre documentaire comme pièce maîtresse du dispositif qui empruntera l’une ou l’autre des voies possibles. Lire la suite

Une tentative de traduction

Une fois n’est pas coutume, je propose une traduction d’un article glané sur Internet. Par le biais de son éditeur, j’ai essayé de joindre l’auteur  afin d’obtenir son autorisation mais puisqu’elle se fait toujours attendre, je propose quand même l’article. Il va de soi que je le retirerai si l’auteur finit par me contacter pour me demander de retirer son article.

De quoi s’agit-il ? D’un philosophe mexicain anglophone qui présente à mes yeux deux avantages majeurs : 1) c’est un commentateur très pointu de Gilles Deleuze qui a le mérite de mettre l’accent sur les aspects que je trouve pour mon compte parmi les plus féconds à explorer dans l’oeuvre du philosophe français ; 2) une fois le commentaire fait, il propose de décrypter  la révolution épistémologique qui traverse la science et comment elle s’exprime dans les domaines de la création artistique ou celles des sciences sociales. Ô surprise, je découvre alors que ce que je cherche péniblement à exprimer pour mon compte est en fait pensé, et même clairement pensé, depuis quelques années.

Note : l’auteur utilise beaucoup le terme anglais de design. Compte tenu que chez nous (je veux dire en France) le mot design se réfère, qu’on s’en félicite ou le déplore, à une étape du processus de création de la marchandise, j’ai préféré traduire le terme par ‘création’ quand il parlait du design en tant que processus achevé et par ‘conception’ lorsqu’il parlait du design en tant que processus en cours de création. Les deux termes français retenus ont d’autres connotations qui sont fortes. Je demanderais donc au lecteur d’avoir cela en mémoire lorsqu’il croisera l’un ou l’autre de ces termes. Il n’y a qu’une exception. C’est lorsqu’il évoque Deleuze pour avoir élaboré une « conception originale quant à la génèse d’une forme ». Ici, c’est bien le mot anglais conception qui est utilisé.

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Note de lecture : l’image-temps I

On s’était posé au départ une question bizarre : que serait une pensée multimédia ? Il s’agissait de se demander ce que serait une pensée qui reçoit ses principales déterminations à partir non plus d’une expression fondamentalement linguistique mais d’une composition de signes visuels, sonores, tactiles… C’est pour cela que je m’étais intéressé au cinéma en tant qu’expression multimédia, plus particulièrement au cinéma vu par Deleuze en tant que la question de la pensée y était directement posée et cela par un auteur qui a toujours dénoncé l’impérialisme du langage sur les formes de pensée. Quitte à être redondant, je veux préciser à nouveau les enjeux d’une telle question. Il y en a trois au moins en relation les uns aux autres. Un premier concernant la pensée et la philosophie, un second concernant la pensée à l’ère « technologique », un troisième concernant la pensée, la culture et les générations.

 

Conférence de Deleuze à la Femis le 15 mai 1987
Qu’est-ce que l’acte de création ?

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Le meilleur des mondes possibles : ça va si vite !

Révolution en Tunisie

C’est comme ça et va falloir s’y faire ! Je voudrais formuler les rouages conceptuels qui donneraient de la consistance à une (r)évolution que chacun pressent à sa manière. Et je dois avouer à mon grand dépit que cette (r)évolution n’attends pas ! Pour le dire vite, l’une des thèses que j’aimerais avancer, et cela avec toute la rigueur intellectuelle dont je pourrais être capable, consiste dans l’inéluctable confrontation entre le monde politique et le monde technologique. Je le dis vite et il faut bien entendu préciser de quoi on parle et nuancer les réalités qu’on prétendrait découvrir. Par exemple, le monde politique serait défini par l’articulation entre le Droit, le territoire sur lequel ce Droit prévaut et le régime politique institutionnel, démocratique ou non, qui capture l’un dans l’autre. Le monde technologique étant lui caractérisé pour l’instant par une architecture matérielle qui remet en cause tant le Droit que les territoires, et un ou plusieurs régimes de signes à la recherche de leur réalité politique. Et puis pour nuancer, il faudrait bien comprendre pourquoi il ne s’agit pas d’un bien qui remplace un mal, mais du dépassement de formes sclérosées de pouvoir (un Ancien Régime) vers de nouvelles formes de pouvoir ouvertes à la dispute (Google et Facebook sauveront-ils le capitalisme ? La révolution Do-It-Yourself est-elle l’avant-garde d’une nouvelle bourgeoisie ? Les peuples peuvent-ils s’approprier ce nouveau régime ?).

Il y avait déjà eu le précédent Wikileaks. Il y a maintenant la révolution tunisienne. La plus grossière erreur serait d’attribuer à la technologie la possibilité d’une telle révolution quand elle est et ne peut être que dans le peuple qui s’en empare. Il est par contre impossible de minimiser l’emploi des technologies, non seulement en raison du précédent wikileaks mais également en raison du rôle qu’a joué le réseau social facebook qui ne s’est pas fait connaître par des velléités émancipatrices. C’est à ce genre de phénomènes où l’ambigüité et l’équivocité dominent que l’on reconnaît être entré de plain pied dans le registre politique, c’est-à-dire dans un processus de reconfiguration des positions de pouvoir.

J’invite les lecteurs de ce blog intéressés par le sujet à s’informer auprès d’un site francophone qui selon nous prend la mesure de ce basculement et sait le mieux le lire à travers les évènements qui nous pleuvent dessus. Il s’agit de ReadWriteWeb France. Il y a par exemple, l’article d’aujourd’hui (dimanche 16 janvier) mettant justement en perspective et à titre préventif pour éviter toute technolâtrie  l’usage des technologies dans les évènements tunisiens. Il y a également un ebook en pdf à télécharger : Chroniques de l’infowar 2010 : de Hadopi à Wikileaks. Y sont rassemblés les articles que le site a consacré à ce sujet durant l’année 2010.

En vous en souhaitant bonne lecture et pour pardonner ma modeste productivité.

Au fait, meilleurs voeux !!!!! Puissent vos révolutions se réaliser en cette année 2011 !

Où en sommes-nous ?

L’ambition originale de ce blog est de mélanger des plans de réalité et est exprimée par exemple dans le nom des catégories : à un contexte global caractérisé par la conjonction d’une multiplicité de crises  on aimerait articuler un contexte local qui est celui de notre action en passant tantôt par la médiation qu’autorise un contexte mental d’imaginaire ou de subjectivation tantôt par ce que nous apprennent d’autres expériences menées ailleurs. En tout cela, nous nous appuyons sur des têtes chercheuses, c’est-à dire que l’on retient la métaphore du projectile balistique « intelligent » et que l’on assume celle de l’arme tactique. Il y a toutefois un obstacle majeur à la réalisation de cet objectif. On dirait trivialement que nous n’avons pas le temps mais ne pourrions-nous  pas creuser cette expérience du temps qui manque ? Lire la suite