L’offre documentaire dans les bibliothèques rurales à l’âge de l’infobésité.

Un retour sur le cycle de formations intitulé CULTURE NUMERIQUES : sensibilsation et expérimentations

et

Une contribution à la question d’une politique documentaire concertée

La question est simple : les bibliothèques rurales du futur seront-elles des comptoirs en terre étrangère (la campagne) pourvoyeuse d’infobésité générées par nos métropoles ou bien peuvent-elles prétendre agir comme des cribles qualitatifs auprès des habitants qu’elles ont pour mission de servir ?

On trouve tout de suite la notion de l’offre documentaire comme pièce maîtresse du dispositif qui empruntera l’une ou l’autre des voies possibles. Lire la suite

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Dédicace aux « Jolie Môme »

 « Si vous matérialisez ce qui est en vous, ce qui en vous vous sauvera.
Si vous ne matérialisez pas ce qui en vous, ce qui est en vous vous détruira. »
Jésus-Christ, je crois.

Compagnie Jolie Môme. © Only Photos 2010

Le dernier festival « La Belle Rouge » vient de se terminer et, comme à chaque fois, c’est quand tout est fini, quand les festivaliers sont partis et les chapiteaux démontés, que je saisis ce dont j’aurais aimé parlé avec les camarades. Le déclic en est une courte discussion au restaurant autour du mécénat et de la question qu’il pose par rapport au retrait des subventions publiques. Bien que fondamentalement d’accord avec mes interlocuteurs sur le rapport que l’on peut faire entre mécénat et RGPP, je n’ai pu m’empêcher d’introduire un peu de contradiction pour inviter mes partenaires à faire de la casuistique en ce domaine. J’ai finalement assez vite abandonné parce que je ne savais pas où j’allais et que le lapin à la moutarde était servi. C’est en rentrant à la maison que j’ai saisi de quoi il retournait. En fait, à chaque festival, il y a une demande intellectuelle que je n’ose formuler parce qu’on s’éloignerait du débat militant, même si c’est pour mieux y revenir. La demande est la suivante : ne pourrions-nous pas, nous, gens de gauche, expliquer nos clivages doctrinaires ou programmatiques, non par les rapports que l’on entretiendrait vis-à-vis d’une vérité ultime mais par les métaphysiques sous-jacentes à ces clivages et qui conditionnent nos conceptions de la vérité ? Bref, il s’agirait de reconnaître  que nous disposons de diverses armes intellectuelles et en conséquence de diverses tactiques contre un ennemi commun, le capitalisme, qui lui-même ne manque pas de se rendre protéiforme.

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Le meilleur des mondes possibles : ça va si vite !

Révolution en Tunisie

C’est comme ça et va falloir s’y faire ! Je voudrais formuler les rouages conceptuels qui donneraient de la consistance à une (r)évolution que chacun pressent à sa manière. Et je dois avouer à mon grand dépit que cette (r)évolution n’attends pas ! Pour le dire vite, l’une des thèses que j’aimerais avancer, et cela avec toute la rigueur intellectuelle dont je pourrais être capable, consiste dans l’inéluctable confrontation entre le monde politique et le monde technologique. Je le dis vite et il faut bien entendu préciser de quoi on parle et nuancer les réalités qu’on prétendrait découvrir. Par exemple, le monde politique serait défini par l’articulation entre le Droit, le territoire sur lequel ce Droit prévaut et le régime politique institutionnel, démocratique ou non, qui capture l’un dans l’autre. Le monde technologique étant lui caractérisé pour l’instant par une architecture matérielle qui remet en cause tant le Droit que les territoires, et un ou plusieurs régimes de signes à la recherche de leur réalité politique. Et puis pour nuancer, il faudrait bien comprendre pourquoi il ne s’agit pas d’un bien qui remplace un mal, mais du dépassement de formes sclérosées de pouvoir (un Ancien Régime) vers de nouvelles formes de pouvoir ouvertes à la dispute (Google et Facebook sauveront-ils le capitalisme ? La révolution Do-It-Yourself est-elle l’avant-garde d’une nouvelle bourgeoisie ? Les peuples peuvent-ils s’approprier ce nouveau régime ?).

Il y avait déjà eu le précédent Wikileaks. Il y a maintenant la révolution tunisienne. La plus grossière erreur serait d’attribuer à la technologie la possibilité d’une telle révolution quand elle est et ne peut être que dans le peuple qui s’en empare. Il est par contre impossible de minimiser l’emploi des technologies, non seulement en raison du précédent wikileaks mais également en raison du rôle qu’a joué le réseau social facebook qui ne s’est pas fait connaître par des velléités émancipatrices. C’est à ce genre de phénomènes où l’ambigüité et l’équivocité dominent que l’on reconnaît être entré de plain pied dans le registre politique, c’est-à-dire dans un processus de reconfiguration des positions de pouvoir.

J’invite les lecteurs de ce blog intéressés par le sujet à s’informer auprès d’un site francophone qui selon nous prend la mesure de ce basculement et sait le mieux le lire à travers les évènements qui nous pleuvent dessus. Il s’agit de ReadWriteWeb France. Il y a par exemple, l’article d’aujourd’hui (dimanche 16 janvier) mettant justement en perspective et à titre préventif pour éviter toute technolâtrie  l’usage des technologies dans les évènements tunisiens. Il y a également un ebook en pdf à télécharger : Chroniques de l’infowar 2010 : de Hadopi à Wikileaks. Y sont rassemblés les articles que le site a consacré à ce sujet durant l’année 2010.

En vous en souhaitant bonne lecture et pour pardonner ma modeste productivité.

Au fait, meilleurs voeux !!!!! Puissent vos révolutions se réaliser en cette année 2011 !

Un essai de vulgarisation

Relativement à la crise financière, c’est l’article que je cherche à écrire depuis quelques temps maintenant. Mais bien sûr n’est pas Frédéric Lordon qui veut. Autant le feuilleton de la crise telle qu’il nous est relaté par François Leclerc possède la qualité littéraire des moralistes classiques français, c’est-à-dire qu’il allie imperturablement finesse et cruauté, description pure et jugement impitoyable, autant les articles de Lordon se placent-ils d’emblée sous le patronage du personnage d’Ubu et on espère que la traduction qu’il fit de l’anglais au français pour EMSDR (European Mechanism for Sovereign Debt Recovery) sera accolée à l’inexpugnable autre tradition littéraire française, la rabelaisienne. Eh oui, EMSDD se traduit par MERDES (Mécanisme Européen de Restructuration des DEttes Souveraines) !

C’est l’article que j’aurais aimé écrire parce qu’il sait restituer tout ensemble l’absurdité, la révolte, la précision et l’argumentation qu’il faut pour décrire la situation où l’on est mais il ajoute en plus cette touche particulière qui celle d’une lecture jubilatoire et, qu’en bon spinoziste, il sait être le signe d’une victoire de l’esprit sur la bêtise, préalable souhaitable à toute confrontation. Lordon n’en est pas moins économiste et son public reste quand même un public qui ne craint pas de se confronter aux aspérités intellectuelles de ce domaine. C’est pourquoi je me suis demandé s’il n’était pas souhaitable de proposer une vulgarisation de l’article à faire circuler parmi nos connaissances qu’intéressent la situation mais que repoussent le jargon technique. On y perd le sel et l’apport de ce style si joyeusement caustique mais on espère quand même en transmettre un peu. En effet, la thèse que défend cet article et à laquelle je crois est que nous sommes entrée dans la séquence de précipitation des évènements et que notre heure ne va pas tarder à survenir.

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Le meilleur des mondes possibles : éléments de départ

On aimerait commencer une enquête. Elle devra être minutieuse et patiente mais il est probable qu’elle commencera par être brouillonne et confuse parce qu’on avancera par hypothèse, vérification et affinement progressif. L’enquête consistera à identifier et caractériser les nouveaux paradigmes autour desquelles nos sociétés vont se restructurer. Il convient ici de bien s’entendre sur le sens de cette phrase parce que de nombreux malentendus pourraient survenir.

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Le meilleur des mondes possibles : prologue

Nous nous permettons de reproduire ici la seconde partie de l’intervention du 12 mars 2010 à la librairie Tout un monde d’Ambert et dont nous avons fait déjà de nombreuses fois référence en vous renvoyant vers le numéro 9 de notre ancienne revue de presse.
La décision s’explique par le désir d’ouvrir une série d’articles réunies sous le titre ci-dessus : Le meilleur des mondes possibles. En effet, il nous paraît plus que nécessaire de porter son attention par delà les heures pathétiques qui traversent nos sociétés afin d’identifier au nom de quelles nécessités nous en sommes là. Cette série d’articles tentera donc de dégager, sous le déluge de forces à l’agonie, celles qui cherchent à prendre la relève. Nous croyons en effet que si la tâche sera fatalement incomplète, un certain nombre d’éléments conceptuels et factuels permettent de l’entamer.  En attendant, et en guise de prologue, cet article synthétise un certain nombre d’éléments de diagnostic qui, partant de la situation actuelle, innerveront les articles à suivre.

 

Reportage

L'administration Bush a créé l'Initiative d'un Réseau pour une Frontière Sûre en 2005 pour fournir des images en temps réel de l'activité le long des frontières. Le système à fait l'objet d'un contrat avec Boeing en 2006. Plus de 600 millions de dollars plus tard, seulement un prototype de 40 kilomètres a été livré. (Brian L. Frank pour le Wall Street Journal)

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Où en sommes-nous ?

L’ambition originale de ce blog est de mélanger des plans de réalité et est exprimée par exemple dans le nom des catégories : à un contexte global caractérisé par la conjonction d’une multiplicité de crises  on aimerait articuler un contexte local qui est celui de notre action en passant tantôt par la médiation qu’autorise un contexte mental d’imaginaire ou de subjectivation tantôt par ce que nous apprennent d’autres expériences menées ailleurs. En tout cela, nous nous appuyons sur des têtes chercheuses, c’est-à dire que l’on retient la métaphore du projectile balistique « intelligent » et que l’on assume celle de l’arme tactique. Il y a toutefois un obstacle majeur à la réalisation de cet objectif. On dirait trivialement que nous n’avons pas le temps mais ne pourrions-nous  pas creuser cette expérience du temps qui manque ? Lire la suite