L’offre documentaire dans les bibliothèques rurales à l’âge de l’infobésité.

Un retour sur le cycle de formations intitulé CULTURE NUMERIQUES : sensibilsation et expérimentations

et

Une contribution à la question d’une politique documentaire concertée

La question est simple : les bibliothèques rurales du futur seront-elles des comptoirs en terre étrangère (la campagne) pourvoyeuse d’infobésité générées par nos métropoles ou bien peuvent-elles prétendre agir comme des cribles qualitatifs auprès des habitants qu’elles ont pour mission de servir ?

On trouve tout de suite la notion de l’offre documentaire comme pièce maîtresse du dispositif qui empruntera l’une ou l’autre des voies possibles. Lire la suite

Les deux transversales

Et un seul point m’est plus violent oubli
Que vingt-cinq siècles à l’entreprise qui fit
s’émerveiller Neptune en voyant passer l’ombre d’Argo
Dante, Le Paradis

Quand il s’agit de monter un projet, le dossier doit pouvoir nommer les actions que l’on espère réaliser dans des termes partagés par tous les partenaires. Ainsi, dans le document Pistes pour un projet, nous nous emparons des termes de l’UNESCO pour décliner un projet en trois volets : culturel, éducatif, social. Ces trois volets fournissent chacun un cadre à l’intérieur duquel nous nous présentons et dans lequel nous sommes autorisés à suivre des circuits articulant institutions, financement, programmes politiques. Tout cela est très bien mais laisse dans l’ombre le problème si métaphysique de l’unité dans la diversité. Autrement dit, comment faire pour ne pas s’éparpiller ? Comment faire pour impliquer un groupe de personnes chacun selon leur diversité, lui donner les moyens de former un collectif uni ? Bien avant que d’en venir à l’inévitable attention portée aux relations entre les caractères, et surtout bien avant que de s’enfermer dans les cadres institutionnels, il est nécessaire de définir une ou plusieurs idées qui soient transversales à tout le projet et qui puissent jouer le rôle que jouaient les constellations pour la navigation hauturière. En ce qui nous concerne, il y en aurait deux. Lire la suite

Toujours en compagnie de Bergson (suite et fin)

Ou les conditions de la médiation socio-culturelle

Gilles Deleuze

Nous poursuivons dans cet article le traitement que nous avons commencé d’infliger au chapitre « la mémoire comme coexistence virtuelle » du livre le Bergsonisme écrit par Gilles Deleuze. Nous étions partis chez Bergson de quatre propositions caractérisant la durée, notamment dans le rapport qui s’établit entre le passé et le présent. Nous avions alors introduit la question des supports de mémoire tels qu’ils se trouvent être disponibles sur Internet. Les principaux enseignements que nous en avions tirés consistaient en quatre points : 1) la disponibilité des supports de mémoire est permanente et actuelle tandis que la disponibilité de leur contenu est permanente mais virtuelle au sens philosophique du couple actuel/virtuel ; 2) l’infinie variété des contenus disponible virtuellement sur Internet constitue un inconscient à la fois machinique et collectif qui tend à éroder les frontières d’un inconscient psychologique et individuel ; 3) l’existence virtuelle de ces contenus implique qu’on ne peut se les approprier que dans l’expérience de la durée au sens bergsonien du terme ; 4) contre cette appropriation, on trouvera en première ligne le marketing neuronal comme ce qui dénature l’expérience de la durée en en niant la dimension virtuelle bien qu’il l’exploite de fait.

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Toujours en compagnie de Bergson

Cet article tente un exercice délicat. On a continué de lire le livre que Gilles Deleuze a consacré à Henri Bergson, on a extrait le chapitre qui s’intitule « La mémoire comme coexistence virtuelle » et on se propose rien moins que d’intégrer à la suite des problèmes et des propositions prélevés dans la pensée de Bergson, telle qu’elle est décrite dans ce chapitre, un élément qui lui était alors inconnu. En effet, notre intérêt pour Bergson était lié à la question de savoir quelle pouvait être l’utilité de ses concepts pour appréhender le phénomène de ce que j’ai appelé la synchronie mondiale mais que d’autres ont pu appelé avec plus de bonheur le temps-lumière par opposition au temps-carbone. Nous voulons dire par là l’existence d’une infrastructure technologique (Internet) qui articule une extension planétaire et des techniques (audiovisuelles) reproduisant le flux de la conscience. Nous nous disions alors que le penseur qui avait construit une ontologie à partir de l’expérience de la durée pouvait nous donner des outils pour saisir et travailler le matériau qu’est internet. Et bien il se pourrait que ce que Deleuze synthétise dans le chapitre sus-nommé nous fournisse ces fameux outils que nous cherchions.

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