Un essai de vulgarisation

Relativement à la crise financière, c’est l’article que je cherche à écrire depuis quelques temps maintenant. Mais bien sûr n’est pas Frédéric Lordon qui veut. Autant le feuilleton de la crise telle qu’il nous est relaté par François Leclerc possède la qualité littéraire des moralistes classiques français, c’est-à-dire qu’il allie imperturablement finesse et cruauté, description pure et jugement impitoyable, autant les articles de Lordon se placent-ils d’emblée sous le patronage du personnage d’Ubu et on espère que la traduction qu’il fit de l’anglais au français pour EMSDR (European Mechanism for Sovereign Debt Recovery) sera accolée à l’inexpugnable autre tradition littéraire française, la rabelaisienne. Eh oui, EMSDD se traduit par MERDES (Mécanisme Européen de Restructuration des DEttes Souveraines) !

C’est l’article que j’aurais aimé écrire parce qu’il sait restituer tout ensemble l’absurdité, la révolte, la précision et l’argumentation qu’il faut pour décrire la situation où l’on est mais il ajoute en plus cette touche particulière qui celle d’une lecture jubilatoire et, qu’en bon spinoziste, il sait être le signe d’une victoire de l’esprit sur la bêtise, préalable souhaitable à toute confrontation. Lordon n’en est pas moins économiste et son public reste quand même un public qui ne craint pas de se confronter aux aspérités intellectuelles de ce domaine. C’est pourquoi je me suis demandé s’il n’était pas souhaitable de proposer une vulgarisation de l’article à faire circuler parmi nos connaissances qu’intéressent la situation mais que repoussent le jargon technique. On y perd le sel et l’apport de ce style si joyeusement caustique mais on espère quand même en transmettre un peu. En effet, la thèse que défend cet article et à laquelle je crois est que nous sommes entrée dans la séquence de précipitation des évènements et que notre heure ne va pas tarder à survenir.

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