L’offre documentaire dans les bibliothèques rurales à l’âge de l’infobésité.

Un retour sur le cycle de formations intitulé CULTURE NUMERIQUES : sensibilsation et expérimentations

et

Une contribution à la question d’une politique documentaire concertée

La question est simple : les bibliothèques rurales du futur seront-elles des comptoirs en terre étrangère (la campagne) pourvoyeuse d’infobésité générées par nos métropoles ou bien peuvent-elles prétendre agir comme des cribles qualitatifs auprès des habitants qu’elles ont pour mission de servir ?

On trouve tout de suite la notion de l’offre documentaire comme pièce maîtresse du dispositif qui empruntera l’une ou l’autre des voies possibles. Lire la suite

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Les émotions, disiez-vous ?

Le dernier article proposait une redéfinition des signes de l’image-mouvement tels que Gilles Deleuze les avait déduits à partir de l’analyse du schème sensorimoteur. En d’autres termes, c’était une tentative de redéfinir les termes fondamentaux qui avaient permis au philosophe de proposer une classification des signes de l’image cinématographique et, si cette tentative avait une chance d’être pertinente, elle se devait de reformuler également les signes de l’image-temps dans la continuité de l’analyse précédente. En quoi consistait notre analyse ? Lire la suite

Dédicace aux « Jolie Môme »

 « Si vous matérialisez ce qui est en vous, ce qui en vous vous sauvera.
Si vous ne matérialisez pas ce qui en vous, ce qui est en vous vous détruira. »
Jésus-Christ, je crois.

Compagnie Jolie Môme. © Only Photos 2010

Le dernier festival « La Belle Rouge » vient de se terminer et, comme à chaque fois, c’est quand tout est fini, quand les festivaliers sont partis et les chapiteaux démontés, que je saisis ce dont j’aurais aimé parlé avec les camarades. Le déclic en est une courte discussion au restaurant autour du mécénat et de la question qu’il pose par rapport au retrait des subventions publiques. Bien que fondamentalement d’accord avec mes interlocuteurs sur le rapport que l’on peut faire entre mécénat et RGPP, je n’ai pu m’empêcher d’introduire un peu de contradiction pour inviter mes partenaires à faire de la casuistique en ce domaine. J’ai finalement assez vite abandonné parce que je ne savais pas où j’allais et que le lapin à la moutarde était servi. C’est en rentrant à la maison que j’ai saisi de quoi il retournait. En fait, à chaque festival, il y a une demande intellectuelle que je n’ose formuler parce qu’on s’éloignerait du débat militant, même si c’est pour mieux y revenir. La demande est la suivante : ne pourrions-nous pas, nous, gens de gauche, expliquer nos clivages doctrinaires ou programmatiques, non par les rapports que l’on entretiendrait vis-à-vis d’une vérité ultime mais par les métaphysiques sous-jacentes à ces clivages et qui conditionnent nos conceptions de la vérité ? Bref, il s’agirait de reconnaître  que nous disposons de diverses armes intellectuelles et en conséquence de diverses tactiques contre un ennemi commun, le capitalisme, qui lui-même ne manque pas de se rendre protéiforme.

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Note de lecture : l’image-temps (fin)

Auteurs : Constanza Casas (CL), Mark C Mitchell (AU), Pieter Steyaert (BE)
Site : http://www.thecreators.tv/

Il y a trois axes que je retiendrais après la lecture de L’Image-Temps.

Le premier, nous l’avons déjà rencontré, concerne la méthode génétique. Dans L’Image-Mouvement, la méthode génétique consistait à partir d’un univers-image puis, en y insérant le schème sensori-moteur (perception – affection – action), déployer les signes de l’image-mouvement tel que le cinéma classique nous le donne à voir. Dans L’Image-Temps, le procédé génétique se poursuit mais on part cette fois de la rupture du lien sensori-moteur et ce sont alors les signes de l’image-temps que se déploient.

Le second axe nous donne des éléments qui permettent de répondre à la question du pourquoi de la méthode génétique. En effet, on pouvait à bon droit se demander pourquoi cette méthode plutôt qu’une autre était choisie. Autrement dit, il s’agissait de se demander quel est l’enjeu pratique ou existentiel d’une méthode théorique et abstraite. Quelle est la réalité que l’on se propose de découvrir et d’explorer ?

Enfin le dernier axe consistait à reprendre notre questionnement à partir de la lecture des deux livres sur le cinéma. À la recherche d’une éventuelle « pensée visuelle » ou « pensée-multimédia », d’une forme de pensée qui trouverait des conditions d’intelligibilité en dehors du langage écrit, à quoi peut nous être utile la théorie deleuzienne ?

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C’est plus grave que l’on ne l’imaginait !

« Le temps est invention, ou il n’est rien du tout. »
Bergson

Feigenbaum

Diagramme d'une bifurcation selon le mathématicien Feigenbaum

Je rassure. Le titre est ironique.
C’est que je me demandais comment faire, avec ces articles qui partent chacun dans leur direction : les articles sur Bergson laissés en suspens ; les articles sur le cinéma dont on ne sait où ils mènent ; ceux sur le meilleur des mondes possibles, englués dans des problèmes d’outillage conceptuel quand l’actualité les court-circuite et les déborde et puis la mobilisation sur les autres fronts : ceux des bibliothèques parce qu’il se passe des choses intéressantes chez nous et qu’il semble bien que ce ne soit là que le début et puis d’autres choses encore…
Devant toutes ces échéances, j’ai voulu me changer les idées et me suis mis à lire La Nouvelle Alliance – Métamorphose de la science d’Ilya Prigogine et d’Isabelle Stengers. Sans idée préconçue sinon celle de me baigner dans l’univers scientifique, traditionnellement indifférent aux destinées humaines. C’est donc là que les choses deviennent plus grave parce qu’en fait cet essai, écrit en 1978, fait converger vers la problématique qu’il soulève tous ce dans quoi je m’éparpillais.
De quoi s’agit-il ?
L’essai raconte, à partir de l’évènement historique que constitue la synthèse newtonienne, le devenir de la science classique, plus précisément celui de la dynamique comme science royale en physique, confrontée qu’elle est au problème de l’irréversibilité que lui pose de manière obstinée les résultats de la thermodynamique. De quoi parle-t-on ?
La synthèse newtonienne : tous les corps sont soumis à la gravitation et tous les mouvements, les trajectoires et les positions en dépendent. Tiens, tiens ! On rencontre le mouvement autour duquel on a réfléchi par ailleurs.
La dynamique : la science physique qui s’occupe de l’étude des mouvements, trajectoires et vitesses.
L’irréversibilité : soit un système, un ensemble de points et de leurs trajectoires, il peut passer d’un état A à un état B. L’irréversibilité consiste à admettre qu’il est impossible pour certains systèmes de les ramener de l’état B à l’état A initial.
La thermodynamique : la science de la chaleur et donc, à l’intérieur de la physique, la science privilégiée où le phénomène de l’irréversibilité apparaît.
En reprenant la formulation, cela donne : l’essai raconte comment, après avoir été bannie de la science classique, la question du temps (irréversible) a fini par y être réintégrée au point de la métamorphoser, au point d’en redéfinir tous les principes fondamentaux.
On pourrait se dire qu’il ne s’agit que d’une évolution scientifique. Non. C’est aussi une évolution culturelle. C’est-à-dire que si on prend la mesure de ce qu’a représenté culturellement la revolution newtonienne, alors on en déduit ce que peut représenté cette nouvelle révolution scientifique.

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Le meilleur des mondes possibles : ça va si vite !

Révolution en Tunisie

C’est comme ça et va falloir s’y faire ! Je voudrais formuler les rouages conceptuels qui donneraient de la consistance à une (r)évolution que chacun pressent à sa manière. Et je dois avouer à mon grand dépit que cette (r)évolution n’attends pas ! Pour le dire vite, l’une des thèses que j’aimerais avancer, et cela avec toute la rigueur intellectuelle dont je pourrais être capable, consiste dans l’inéluctable confrontation entre le monde politique et le monde technologique. Je le dis vite et il faut bien entendu préciser de quoi on parle et nuancer les réalités qu’on prétendrait découvrir. Par exemple, le monde politique serait défini par l’articulation entre le Droit, le territoire sur lequel ce Droit prévaut et le régime politique institutionnel, démocratique ou non, qui capture l’un dans l’autre. Le monde technologique étant lui caractérisé pour l’instant par une architecture matérielle qui remet en cause tant le Droit que les territoires, et un ou plusieurs régimes de signes à la recherche de leur réalité politique. Et puis pour nuancer, il faudrait bien comprendre pourquoi il ne s’agit pas d’un bien qui remplace un mal, mais du dépassement de formes sclérosées de pouvoir (un Ancien Régime) vers de nouvelles formes de pouvoir ouvertes à la dispute (Google et Facebook sauveront-ils le capitalisme ? La révolution Do-It-Yourself est-elle l’avant-garde d’une nouvelle bourgeoisie ? Les peuples peuvent-ils s’approprier ce nouveau régime ?).

Il y avait déjà eu le précédent Wikileaks. Il y a maintenant la révolution tunisienne. La plus grossière erreur serait d’attribuer à la technologie la possibilité d’une telle révolution quand elle est et ne peut être que dans le peuple qui s’en empare. Il est par contre impossible de minimiser l’emploi des technologies, non seulement en raison du précédent wikileaks mais également en raison du rôle qu’a joué le réseau social facebook qui ne s’est pas fait connaître par des velléités émancipatrices. C’est à ce genre de phénomènes où l’ambigüité et l’équivocité dominent que l’on reconnaît être entré de plain pied dans le registre politique, c’est-à-dire dans un processus de reconfiguration des positions de pouvoir.

J’invite les lecteurs de ce blog intéressés par le sujet à s’informer auprès d’un site francophone qui selon nous prend la mesure de ce basculement et sait le mieux le lire à travers les évènements qui nous pleuvent dessus. Il s’agit de ReadWriteWeb France. Il y a par exemple, l’article d’aujourd’hui (dimanche 16 janvier) mettant justement en perspective et à titre préventif pour éviter toute technolâtrie  l’usage des technologies dans les évènements tunisiens. Il y a également un ebook en pdf à télécharger : Chroniques de l’infowar 2010 : de Hadopi à Wikileaks. Y sont rassemblés les articles que le site a consacré à ce sujet durant l’année 2010.

En vous en souhaitant bonne lecture et pour pardonner ma modeste productivité.

Au fait, meilleurs voeux !!!!! Puissent vos révolutions se réaliser en cette année 2011 !

Un essai de vulgarisation

Relativement à la crise financière, c’est l’article que je cherche à écrire depuis quelques temps maintenant. Mais bien sûr n’est pas Frédéric Lordon qui veut. Autant le feuilleton de la crise telle qu’il nous est relaté par François Leclerc possède la qualité littéraire des moralistes classiques français, c’est-à-dire qu’il allie imperturablement finesse et cruauté, description pure et jugement impitoyable, autant les articles de Lordon se placent-ils d’emblée sous le patronage du personnage d’Ubu et on espère que la traduction qu’il fit de l’anglais au français pour EMSDR (European Mechanism for Sovereign Debt Recovery) sera accolée à l’inexpugnable autre tradition littéraire française, la rabelaisienne. Eh oui, EMSDD se traduit par MERDES (Mécanisme Européen de Restructuration des DEttes Souveraines) !

C’est l’article que j’aurais aimé écrire parce qu’il sait restituer tout ensemble l’absurdité, la révolte, la précision et l’argumentation qu’il faut pour décrire la situation où l’on est mais il ajoute en plus cette touche particulière qui celle d’une lecture jubilatoire et, qu’en bon spinoziste, il sait être le signe d’une victoire de l’esprit sur la bêtise, préalable souhaitable à toute confrontation. Lordon n’en est pas moins économiste et son public reste quand même un public qui ne craint pas de se confronter aux aspérités intellectuelles de ce domaine. C’est pourquoi je me suis demandé s’il n’était pas souhaitable de proposer une vulgarisation de l’article à faire circuler parmi nos connaissances qu’intéressent la situation mais que repoussent le jargon technique. On y perd le sel et l’apport de ce style si joyeusement caustique mais on espère quand même en transmettre un peu. En effet, la thèse que défend cet article et à laquelle je crois est que nous sommes entrée dans la séquence de précipitation des évènements et que notre heure ne va pas tarder à survenir.

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