Note de lecture : Philosophy and Simulation IV

Les Algorithmes Génétiques – Chap 4 et 5.

Qu’est-ce qu’un algorithme génétique ? C’est un algorithme réalisant un certain type de recherche. Il existe en effet plusieurs types de recherches et, par exemple, il est probable que l’utilisation du PageRank de Google soit spontanément celui qui nous vient à l’esprit. Selon une liste de mots-clés plus ou moins paramétrés, on obtient une liste de liens nous renvoyant à des contenus pertinents avec les mots-clés fournis. Pour se donner une première intuition des algorithmes génétiques, il suffirait d’inclure la séquence dans laquelle l’internaute soumet sa liste mots-clés au moteur de recherche et l’affine progressivement en fonction des résultats qu’il explore. Le type de recherche que réalise un algorithme génétique consiste en effet à trouver la solution optimale à un problème posé. Il faut donc d’abord définir un problème puis la solution devient optimale en fonction d’un processus sélectionnant une solution parmi un ensemble de solutions et cela en fonction d’une variable qui mesure l’adaptation de la solution au problème posé. Ainsi, dans le cas d’une recherche sur Google, c’est en fonction d’un problème défini en termes de mots-clés que nous entamons notre recherche, puis selon les premiers résultats délivrés par le moteur de recherche, nous affinons notre liste de mots-clés et leur paramètres en fonction d’une mesure plus ou moins rapide de la pertinence des résultats eu égard à nos besoins initiaux. Lire la suite

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Philosophy and Simulation : Interlude

Manuel DeLAnda

Cette série d’articles sur le livre de Manuel DeLanda doit être comprise comme une tentative de vulgarisation scientifique à travers le prisme philosophique. Il ne s’agit pas de décrire des réalités scientifiques en tant que telles mais d’en extraire progressivement un ou plusieurs concepts scientifiques et de voir comment ils peuvent intéresser la formation d’un ou plusieurs concepts philosophiques. Par exemple, le concept d’émergence est un concept scientifique déduit à partir d’observations elles-même scientifiques et, à l’intérieur de chaque chapitre, Manuel DeLanda décrira comment ce concept se conserve et se spécifie selon la nature des phénomènes observés. Ce n’est qu’après avoir fait le tour de ces descriptions que l’on se demandera quel peut-être la caractérisation et la pertinence d’un concept philosophique d’émergence. C’est aussi le cas en ce qui concerne la simulation. Après en avoir étudier à chaque fois les procédés, on se proposera d’en tirer des hypothèses sur les continuités et les ruptures qui sont introduites par rapport au type de représentation ainsi forgée. Lire la suite

Note de lecture : Philosophy and Simulation (II)

Chapitre 2 : automates cellulaires et modèles de flux.

Dans le premier chapitre, Manuel DeLanda nous avait décrit une série de phénomènes faisant entrer en jeu des mécanismes d’émergence. Il fallait retenir de ce chapitre qu’à l’intérieur d’un tel phénomène, le mécanisme pouvaient concerner :

  • des propriétés actuelles du système étudié,
  • des capacités potentielles du système étudié,
  • et des tendances virtuelles du système étudié.

D’une part, on caractérisait alors le phénomène d’émergence par une relation particulière entre les parties et le tout du système, impliquant un changement d’échelle, tel que 1) le comportement du tout était relativement indifférent au comportement individuel des parties et 2) le comportement étudié à l’échelle du tout est impossible à déduire à partir de l’échelle des parties. D’autre part, nous devions y introduire une causalité indépendante de tout mécanisme qu’on expliquait alors à travers la mise au jour d’un espace de possibilités, structuré autour de singularités, toutes à la fois indépendantes et cependant inexistantes sans les gradients observés.

C’est l’ensemble de ces caractéristiques qu’il s’agit de retrouver non plus déduits à partir des phénomènes empiriques observables mais dans le cadre d’une représentation théorique autonome. Autrement dit, abstraction faite de tout phénomène réel, peut-on produire une représentation abstraite, formelle et théorique, qui produise par elle-même, à l’intérieur de son cadre représentatif, des phénomènes d’émergences. Lire la suite

Note de lecture : Philosophy And Simulation (I)


Le titre complet est Philosophy and Simulation : the Emergence of a Synthetic Reason et comme vous l’aurez compris, le livre n’est pas traduit en français. L’auteur en est Manuel DeLanda dont on avait déjà traduit un article sur ce blog même. Ces notes de lecture seront assez scolaires puisqu’il faut donc surmonter la barrière de la langue (mais DeLanda, à l’instar du latin de Spinoza, a lui-même un anglais assez scolaire) mais également parce qu’on aborde à des rivages inconnus. Le sujet de ce livre consiste à exposer les concepts clés de la modélisation informatique dans divers champs scientifiques. En raison donc des domaines abordés (programmation informatique, mathématique, physique, biochimie, etc…), et malgré la méthode d’exposition très didactique employée par l’auteur, le compte-rendu que j’entreprends sera donc très littéral et consistera à résumer les chapitres un à un. Il n’empêche qu’on espère retirer de ce travail de quoi se poser à nouveau frais la question de la rationalité scientifique à l’ère de la simulation informatique. Lire la suite

Une tentative de traduction

Une fois n’est pas coutume, je propose une traduction d’un article glané sur Internet. Par le biais de son éditeur, j’ai essayé de joindre l’auteur  afin d’obtenir son autorisation mais puisqu’elle se fait toujours attendre, je propose quand même l’article. Il va de soi que je le retirerai si l’auteur finit par me contacter pour me demander de retirer son article.

De quoi s’agit-il ? D’un philosophe mexicain anglophone qui présente à mes yeux deux avantages majeurs : 1) c’est un commentateur très pointu de Gilles Deleuze qui a le mérite de mettre l’accent sur les aspects que je trouve pour mon compte parmi les plus féconds à explorer dans l’oeuvre du philosophe français ; 2) une fois le commentaire fait, il propose de décrypter  la révolution épistémologique qui traverse la science et comment elle s’exprime dans les domaines de la création artistique ou celles des sciences sociales. Ô surprise, je découvre alors que ce que je cherche péniblement à exprimer pour mon compte est en fait pensé, et même clairement pensé, depuis quelques années.

Note : l’auteur utilise beaucoup le terme anglais de design. Compte tenu que chez nous (je veux dire en France) le mot design se réfère, qu’on s’en félicite ou le déplore, à une étape du processus de création de la marchandise, j’ai préféré traduire le terme par ‘création’ quand il parlait du design en tant que processus achevé et par ‘conception’ lorsqu’il parlait du design en tant que processus en cours de création. Les deux termes français retenus ont d’autres connotations qui sont fortes. Je demanderais donc au lecteur d’avoir cela en mémoire lorsqu’il croisera l’un ou l’autre de ces termes. Il n’y a qu’une exception. C’est lorsqu’il évoque Deleuze pour avoir élaboré une « conception originale quant à la génèse d’une forme ». Ici, c’est bien le mot anglais conception qui est utilisé.

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