Contribution à la lutte

Pendant ce temps-là, des élections ont lieu en France.

J’ai passé tellement de temps à la scruter depuis des mois que j’ai honte de ne proposer que cette modeste contribution à J-3 du premier tour.

Connaissez-vous « Mathilde » ? La chanson de Jacques Brel.

Bref, pour s’encourager, je propose de modifier le texte du grand Jacques ainsi

[MAJ : le 20 avril 2012. ]

 

Le peuple est revenu
Médias n’avez-vous rien vu ?
Trop méprisants ou trop imbus
Le peuple est revenu
Médias, prépare ton venin
Ils disent qu’ils ne lâchent rien
Le peuple est revenu
Vous les sondages, vous l’CSA
Vous pouvez nous parquer en bas
Le peuple est revenu
Toute cette cot’rie, serrez vos bras
Vous n’éviterez pas le combat
Maudit peuple, enfin te v’là

Hollande,Hollande ne t’emballe pas
Fais comme si tu ne savais pas
Que le peuple est revenu
Hollande, tu ne peux dissimuler
Qu’il est tout entier électrisé
Le peuple qui est revenu
Hollande, arrête de tergiverser
Tu ne pourras pas le contourner
Le peuple qui est revenu
Amis, ne nous enfumez pas
Le vote utile ne suffira pas
Maudit peuple, enfin te v’là

Et vous les nains, vous êtes fébriles
Ça n’marche pas Peur sur la ville
Le peuple est revenu
Et vous les nains, sortez de là
Tout ça ne vous regarde pas
Le peuple est revenu
Et vous les nains, n’en faites plus
La crasse haine ça ne prend plus
Le peuple est revenu
Vous les nains, ne bronchez pas
À la niche, vous les Dracula
Sacré peuple, enfin te vl’a

Vous les Verts, cessez vos misères
Dany n’a jamais touché terre
Le peuple est convaincu
Médias, buvez votre chagrin
Vos manigances ne servent à rien
Le peuple est convaincu
Toi la bêtasse, toi la paria
Au déshonneur tu n’échapp’ras pas
Le peuple est convaincu
Camarades, redressons-nous bien droits
La tête au ciel encore une fois
Puisque le peuple enfin te v’là, te v’là!

 

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Note de lecture : Philosophy And Simulation (I)


Le titre complet est Philosophy and Simulation : the Emergence of a Synthetic Reason et comme vous l’aurez compris, le livre n’est pas traduit en français. L’auteur en est Manuel DeLanda dont on avait déjà traduit un article sur ce blog même. Ces notes de lecture seront assez scolaires puisqu’il faut donc surmonter la barrière de la langue (mais DeLanda, à l’instar du latin de Spinoza, a lui-même un anglais assez scolaire) mais également parce qu’on aborde à des rivages inconnus. Le sujet de ce livre consiste à exposer les concepts clés de la modélisation informatique dans divers champs scientifiques. En raison donc des domaines abordés (programmation informatique, mathématique, physique, biochimie, etc…), et malgré la méthode d’exposition très didactique employée par l’auteur, le compte-rendu que j’entreprends sera donc très littéral et consistera à résumer les chapitres un à un. Il n’empêche qu’on espère retirer de ce travail de quoi se poser à nouveau frais la question de la rationalité scientifique à l’ère de la simulation informatique. Lire la suite

La sensation, répondit-il…

Triptyque 1983 Gauche

Pour mémoire. On se rappelle ce qui arrive au cinéma lorsque le lien sensorimoteur est brisé, au moins tel que cela est décrit par Gilles Deleuze dans ses livres consacrés au septième art. Autour de la seconde guerre mondiale, puis, selon les pays, sur une période qui a duré à peu près vingt ans, on voit des personnages errer sans destination dans un monde en ruines, ou bien traverser les lignes de démarcation entre le rêve et la réalité au fur et à mesure qu’elles s’estompent, spectateurs-voyants confrontés à l’indicible, à l’inévocable ou l’incommensurable dans un univers peuplés de clichés et de faussaires. Esthétiquement, cela s’était caractérisé par la progressive figuration du temps, en ses divers aspects, de manière autonome, comme un être en soi, affranchi des conditions psycho-physiologiques de l’action dans lequel il était jusqu’à présent contenu et, par là, figuré de manière indirecte. Une image-temps succédait à l’image-mouvement. Éthiquement la croyance au monde devient problématique dans cet art, industriel dès ses origines, qui avait cru porter des ambitions révolutionnaires pour les masses laborieuses. Crise de foi singulière en ceci qu’elle ne déplore pas la perte d’un au-delà mais fait l’expérience d’une impossibilité à vivre ici-bas. Et pourtant, les forces de l’avenir sont là et commencent à poindre, même si c’est à travers le deuil ou la souffrance. Le cinéma moderne aura cette tâche de limier consistant à relever les possibilités d’avenir dans un monde abîmé, à lui donner une chance quand bien même cela paraît impossible parce que, justement, il n’y a pas d’autre monde. Lire la suite

L’offre documentaire dans les bibliothèques rurales à l’âge de l’infobésité.

Un retour sur le cycle de formations intitulé CULTURE NUMERIQUES : sensibilsation et expérimentations

et

Une contribution à la question d’une politique documentaire concertée

La question est simple : les bibliothèques rurales du futur seront-elles des comptoirs en terre étrangère (la campagne) pourvoyeuse d’infobésité générées par nos métropoles ou bien peuvent-elles prétendre agir comme des cribles qualitatifs auprès des habitants qu’elles ont pour mission de servir ?

On trouve tout de suite la notion de l’offre documentaire comme pièce maîtresse du dispositif qui empruntera l’une ou l’autre des voies possibles. Lire la suite

Les émotions, disiez-vous ?

Le dernier article proposait une redéfinition des signes de l’image-mouvement tels que Gilles Deleuze les avait déduits à partir de l’analyse du schème sensorimoteur. En d’autres termes, c’était une tentative de redéfinir les termes fondamentaux qui avaient permis au philosophe de proposer une classification des signes de l’image cinématographique et, si cette tentative avait une chance d’être pertinente, elle se devait de reformuler également les signes de l’image-temps dans la continuité de l’analyse précédente. En quoi consistait notre analyse ? Lire la suite

Les émotions, disait-il…

Le cinéma tel qu’il est analysé par Gilles Deleuze dans les deux livres qu’il lui consacre se décrypte à partir du rôle central donné au schème sensorimoteur. Pour mémoire, on appelle schème sensorimoteur le schéma comportemental perception-action. Le mot schème s’emploie pour signifier qu’il ne s’agit pas d’appliquer un schéma formel à la réalité mais partir des régularités qu’on observe dans celle-ci pour faire émerger un motif opératoire parmi la diversité des situations. Autrement dit, c’est un peu précieux mais on dira schéma pour parler d’une forme a priori et schème pour une forme a posteriori. Bref, en introduisant l’affection entre la perception et l’action, c’est bien à partir de là que Deleuze nous propose une lecture de l’image cinématographique. L’image classique, c’est-à-dire l’image-mouvement, explorera le schème sensorimoteur pour autant qu’il est réalisé, sinon par les personnages, du moins par le film en tant que totalité ouverte par la durée. L’image moderne, c’est-à-dire l’image-temps, explorera la rupture du lien sensorimoteur, traversera la disparition du personnage à la recherche d’une matrice esthétique capable de redonner ou d’inventer un corps et un cerveau à l’humanité. Mais pour installer le schème sensorimoteur dans le cinéma, il fallait d’abord l’installer dans la pensée et ensuite convoquer le cinéma ; il fallait trouver le plan d’immanence proprement cinématographique où cinéma et pensée deviennent assez indiscernables pour nouer leurs étranges alliances. Ce plan d’immanence, Deleuze le trouvait chez Bergson et ce dernier le formulait non pour le cinéma mais comme une réponse à la nouvelle physique einsteinienne. Lire la suite

Les battements du temps

Tel est le sous-titre, depuis la rentrée de septembre 2011, d’une série de l’émission intitulée Sur les épaules de Darwin diffusée chaque samedi matin sur France Inter. Véritable ovni radiophonique, ce programme de vulgarisation scientifique ne se contente pas de narrer les grandes conquêtes de la science passée, il nous amène aux limites des connaissances actuelles tout en en racontant les cheminements, les ruptures, les déviations ou les arrêts. Lorsque cela peut s’avérer utile, les paroles des poètes ou des écrivains de tout temps font écho à l’aridité des connaissances ou leur beauté austère. Éminemment contemplative, cette émission est à conseiller à tous ceux qu’émeut la création scientifique.

Reaction diffusion from flight404 on Vimeo.

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