Ethique du carburateur

Dans le tome 2 de son Histoire de la Sexualité, L’Usage des Plaisirs, Michel Foucault fournit quatre critères empiriques pour analyser une conduite éthique. Mais auparavant, il fallait bien isoler la conduite éthique, notamment en distinguant dans la morale ce qui relève tantôt d’un code prescriptif plus ou moins formel, tantôt du rapport observable entre les comportements et le dit code (en quoi la conduite est morale ou immorale), tantôt enfin comment le code et les comportements sont utilisés, réfléchis, problématisés par l’individu pour se constituer en tant que sujet moral. C’est donc ce troisième aspect qui fait l’objet d’une conduite éthique parce que Foucault estime qu’il y a une différence réelle entre lui et les deux précédents.

Si très schématiquement on résume le code moral à une prescription de la société à l’individu et l’observance morale à une passivité fondamentale de l’individu à laquelle il consent ou qu’il rejette, on doit alors résumer la conduite éthique comme une activité puisque c’est à cette condition que le sujet s’estime l’agent de son comportement. Ce qui est important de noter à ce niveau, c’est qu’il y a un choix à faire dans l’analyse : soit on considère que le code moral reste déterminant, y compris lorsque l’individu en fait la matière de sa conduite éthique, et on se donne alors comme horizon la fausse conscience ou l’aliénation. Ainsi la conduite éthique devient justification a posteriori, auto-illusion d’activité. Soit on considère que les codes moraux, l’observation des conduites ou les conduites éthiques font partie des conditions de vie des corps humains. Dans ce cas, on dit que la possibilité d’agir n’est pas le fait d’une conscience idéalement libre et matériellement contrainte mais celle d’un être vivant qui dispose du moyen de la conscience de soi pour s’autodéterminer. C’est bien entendu la deuxième option qui est suivie par Foucault parce qu’il faut se souvenir que c’était justement les corps qui avaient mobilisé l’attention du philosophe jusqu’alors. Corps des condamnés dans Surveiller et Punir, corps sexualisés dans La Volonté de Savoir, corps dociles, disciplinés, objets de règlements, supports des normes et des savoirs. Et le corps à un avantage décisif sur la conscience prise en elle-même : sa « factualité » qui le dispense d’être dans le vrai ou dans le faux puisqu’il est là, ou qui mieux encore fait tourner autour de lui les jeux de la vérité et de l’illusion.

La bifurcation qui se propose à l’analyste est donc lourde de conséquences en termes stratégiques et tactiques. Car se donner comme horizon la fausse conscience ou l’aliénation revient à poser la question théorique de l’accès à la vérité et la question pratique de la fin de l’aliénation, autrement dit l’émancipation. Selon cette finalité, l’objectif stratégique c’est la conquête des esprits et les objectifs tactiques deviennent la critique de la domination (dont la morale est une expression) et la constitution des corps en masse susceptibles de s’approprier ou d’anéantir les lieux d’oppression. Tandis que déplacer le pouvoir d’agir dans la factualité individuelle des corps revient à inscrire la matérialité du pouvoir dans la matérialité même de l’individu qui en est investi. La question tactique revient à poser l’usage du pouvoir tel qu’il est investi en nous et donc la subversion plutôt que la lutte frontale. La question stratégique devient la nécessité de trouver d’autres corps pour relayer la subversion, lui faire gagner progressivement en extension et en intensité. Bref, poser la conduite éthique comme une activité réelle et positive constitue un véritable acte de foi en faveur d’une relation possible entre le corps, fait brut de l’existence, et la liberté.

Foucault, donc, donne quatre critères pour se rendre intelligibles les conduites éthiques d’un individu et il illustre ces quatre critères avec le motif de la fidélité conjugale en conséquence de l’acte sexuel ayant pour finalité la reproduction familiale.

Détermination de la substance éthique. C’est-à-dire « la façon dont l’individu doit constituer telle ou telle part de lui-même comme matière principale de sa conduite morale ». Il donne trois exemples en lien avec la fidélité conjugale : tantôt par l’observance stricte des interdits et des obligations dans les actes ; tantôt par la lutte et la vigilance contre les désirs à maîtriser ; tantôt par l’entretien de la réciprocité des sentiments et de la qualité de la relation entre les époux.

Mode d’assujettissement. C’est-à-dire « la façon dont l’individu établit son rapport à cette règle et se reconnaît comme lié à l’obligation de la mettre en œuvre. » Ainsi, dans le cas pris en exemple, on peut s’assujettir tantôt en tant que membre d’une communauté qui valorise cette règle, que ce soit explicitement ou implicitement ; tantôt parce qu’on s’estime héritier d’une tradition spirituelle qui la revendique et qu’on veut faire vivre ; tantôt parce qu’une telle conduite peut être exemplaire et qu’on y répond comme à une sorte d’appel qui embellit et anoblit notre existence.

Formes du travail éthique qu’on effectue sur soi-même « non pas seulement pour rendre son comportement conforme à une règle donnée mais pour essayer de se transformer soi-même en sujet de sa conduite morale. » Ainsi, cela peut consister tantôt en des exercices d’apprentissage, de mémorisation et d’assimilation de préceptes et de conduites où la conformité aux règles s’obtient à travers le temps long qu’on investit ; tantôt, à l’inverse, comme une rupture soudaine et définitive envers un ensemble de conduites et la substitution autoritaire d’autres comportements ; tantôt comme un drame intime donnant sens et valeur à toutes péripéties du désir, y compris les échecs, pour se conformer à la règle souhaitée ; tantôt comme une activité permanente de déchiffrement du désir en ses moindres mouvements.

Téléologie du sujet moral. C’est-à-dire « la constitution d’une conduite morale qui mène l’individu non pas simplement à des actions toujours conformes à des valeurs et à des règles, mais aussi à un certain mode d’être, caractéristique du sujet moral ». Alors, la fidélité conjugale peut s’inscrire tantôt dans le projet de s’améliorer constamment à travers la maîtrise de soi ; tantôt de viser un détachement soudain et radical à l’égard du monde ; tantôt de viser une paix intérieure et une sérénité à toute épreuve ; tantôt enfin de préparer une purification préalable à une vie bienheureuse dans l’au-delà.

Je m’étais demandé si, à la faveur d’un simple déplacement, et à la condition d’en interroger l’écart, il n’était pas possible de transposer les critères fournis par Foucault à propos des conduites morales autour de la fidélité conjugale dans l’antiquité romaine et chrétienne à l’expérience que relate Matthew B. Crawford dans son Éloge du Carburateur, essai sur le sens et la valeur du travail. Autrement dit, s’il était possible de donner un contenu éthique intelligible à la pratique du mécanicien spécialisé dans les motos qu’est l’auteur et, de là interroger la pratique générique appelée « travail ». Voila comme on s’y prendrait.

Détermination de la substance éthique. « Les mains pleines de cambouis, l’engagement corporel à l’égard de la machine sont autant d’expressions d’une forme d’agir humain (agency) .» p. 77. Pour Crawford, ce qu’il appelle « agir humain » convient pour déterminer la substance éthique. Substance en ceci qu’après tant d’autres (Marx, Bataille, Simondon, Leroy-Gouran,etc…) il conçoit une relation entre le processus d’hominisation et la faculté spécifique de techniciser l’environnement naturel. « Pour comprendre ce qu’est une manière d’être spécifiquement humaine, il faut comprendre l’interaction manuelle entre l’homme et le monde. » p.78. Éthique en ceci que l’agir est toujours doublement conditionné : d’une part par des contraintes, notamment lorsqu’elles impliquent le caractère intraitablement objectif de ce sur quoi s’exerce cet agir, et d’autre part par des choix qui engagent l’accomplissement d’une manière d’être. Ainsi en est-il de l’apprentissage de la guitare qui implique de subordonner toute expressivité du musicien à la prise en compte d’au moins la simple réalité matérielle de la guitare. Ainsi, « prendre les choses en main » revient à poser à nouveaux frais la question de la liberté et de l’autonomie. (cf tout le chapitre 3).

Mode d’assujettissement. Le bref rappel que Crawford consacre au mouvement Arts & Crafts (Arts et Métiers) lui donne la possibilité d’identifier une façon de s’assujettir à son travail pour mieux de se donner le choix de la rejeter. Pendant les années 20, alors que le travail de bureau se massifie et se vit comme une déshumanisation, les hommes ressentent le besoin de s’adonner au bricolage durant le week-end. Valorisée par les discours sur les formes authentiques de l’existence, « on vit bientôt se diffuser diverses formes d’antimodernisme au sein des classes moyennes et de l’élite dont le culte de l’éthique artisanale » p.37. Or Crawford rejette ce mode d’assujettissement et ce n’est pas anodin pour quelqu’un dont le choix professionnel a consisté à démissionner d’un poste de consultant à Washington DC pour s’installer dans un garage de réparation de motos. C’est que d’après lui cette éthique artisanale développe et sur-investit deux traits culturels majeurs de la modernité apparemment honnie : « le narcissisme thérapeutique et l’obsession de l’authenticité qui sont justement les supports psychiques du marketing publicitaire. » p.38 Et même, elle est le premier jalon d’un processus qui, inscrit dans la réalité industrielle et la lutte des classes, assurera dans le système éducatif l’hégémonie culturelle de la classe dominante à travers la morale du travail bien fait, fut-il taylorisé. De là ce surprenant et modeste mode d’assujettissement qui est proposé : l’homme de métier en philosophe stoïque, c’est-à-dire, au delà de la boutade, la mise sous tension de l’individu entre la nécessité de subvenir à ces besoins et l’espoir de réaliser l’être humain en nous, « un travail qui mobilise autant que cela s’avère possible la plénitude des capacités humaines »p.44.

Formes du travail éthique. Transposées dans l’élément de l’activité professionnelle, il semble pour le moins évident que les formes de travail éthique deviennent les tâches d’accomplissement du travail en tant que tel. Mais là encore, il faudrait s’attarder sur l’adjectif « éthique ». À un moment de son argumentation, Crawford fait la distinction entre savoir implicite et savoir explicite ou formel. Tandis que le second se propose de résoudre tous les problèmes à travers des procédures standardisées de plus en plus sophistiquées, le premier trouve une solution adéquate dans un environnement complexe. Tandis que le second se concrétise dans les manuels de service et « vise à intégrer le technicien lui-même à un processus de remplacement automatisé de l’intelligence humaine individuelle »(p. 202), le second « a un caractère holistique et procède d’une confrontation répétée avec le réel ; ce dernier se présente sous formes d’entités totalisantes appréhendées par une saisie globale et immédiate qu’il est souvent impossible de formuler explicitement. »pp.193-194. Autrement dit, le travail peut contenir une dimension éthique dans la mesure où il apporte un savoir qui ne se forme qu’à condition d’être exercé. Mieux encore, la dimension éthique du travail se consolide d’être explorée en tant que telle. En effet, le savoir implicite ne se développe qu’en situation et ses réalisations les plus hautes ne valent qu’en situation comme l’exemple choisi par Crawford du pompier qui sait jusqu’où il peut rester dans l’incendie sans mettre en danger sa vie et celle de ses collègues. C’est le propre de l’éthique de que porter dans le domaine moral les caractéristiques de ce que les anciens Grecs les premiers ont nommé l’éthos, c’est-à-dire la manière d’être d’un individu, humain ou animal, dans son milieu de vie.

Téléologie du sujet moral. Quoi de plus explicite ? « Ici, travail et loisirs s’appuient tous deux sur un phénomène fondamentalement humain : l’activité rationnelle de type coopératif. Cette activité est orientée vers un objectif qui se présente comme un bien dans le contexte d’un style de vie bien spécifique : la vitesse. Servir un tel maître, c’est entrer dans une communauté. »p.215. Ce qu’il y a d’intéressant dans cette citation, c’est comment une première prémisse plutôt universalisante (« phénomène fondamentalement humain :…) est articulée avec une seconde qui la particularise (« orientée… contexte… style… spécifique… ») pour se conclure dans une sentence qui réunit subtilement les deux caractères : celui englobant du maître à servir et celui situé de la communauté dans laquelle nous entrons.

L’exemple de Crawford nous autorise à considérer l’activité générique qu’est le travail comme le lieu possible d’une conduite éthique. Possible ne voulant nullement dire ici nécessaire et encore moins suffisant. C’est que l’essai lui-même est tout entier tourné vers une critique du monde de travail tel que la plupart d’entre nous le connaissons et l’expérimentons. Critique du travail non seulement sous sa forme industrielle lorsqu’il s’agit de déqualifier le travail ouvrier mais également sous sa forme postindustrielle lorsque les travailleurs en col blanc se trouvent eux-mêmes déqualifiés dans l’emploi qu’on leur demande d’avoir de leur matière grise où le recours à l’expérience est remplacée par les algorithmes de l’intelligence artificielle. Cette critique est bien connue à travers d’autres ouvrages et Crawford la cite pour s’éviter d’avoir à la décrire. Ce qu’il souhaite décrire, c’est son expérience et la critique en acte, c’est-à-dire la positivité, qu’elle contient.

Mais avant de soulever ce point, il faudrait s’interroger sur le sens du déplacement qu’on s’est proposé d’opérer. Dans L’Usage des Plaisirs, Foucault étudie les manières dont les Grecs de l’Antiquité ont réfléchi et problématisé ce qu’ils appelaient les aphrodisia, les plaisirs liés à l’activité sexuelle. En substituant aux aphrodisia les activités laborieuses que se passe-t-il ? Au moins deux choses. La première consiste à prendre en compte de façon explicite la dimension spécifique. Dans la sexualité comme dans le travail, c’est le fait de l’espèce qui s’impose à l’individu. Mais tandis que dans le cas de la sexualité, ce fait est celui de l’espèce animale, dans le cas du travail, ce fait est celui de l’espèce humaine. Dans un cas, la conduite éthique prend pour objet une substance qui est d’ordre privé (du moins à l’époque antique) ; dans un second cas, la conduite éthique prend pour objet ce qui fait la possibilité d’être inséré dans la société. Dans les sociétés esclavagistes de l’Antiquité, le travail est affaire de domesticité et la communauté est donnée dans la polis et s’exerce dans la politique. Dans les sociétés modernes, le travail assure l’inclusion dans la société mais au prix d’une dépossession du pouvoir politique. Quoiqu’il en soit, dans les deux cas, le déplacement est autorisé dans la mesure où on considère que nos comportements éthiques problématisent notre appartenance à l’espèce pour mieux l’assurer quelqu’en soit le contexte social, culturel ou historique. La deuxième chose que l’on fait consiste à déconnecter la conduite éthique de la notion de liberté. En effet, comme on vient de le dire ci-dessus, les sujets éthiques de l’Usage des Plaisirs sont des citoyens libres tandis que même dans nos démocraties (paraît-il), il est difficile de se dire libre sans avoir aussitôt honte. Bien entendu, la liberté antique n’a que peu de rapport à la liberté moderne, mais cela ne nous autorise pas à poser la question du travail sans mentionner le fait incontournable qu’il est pour la plupart des êtres humains une violence qui s’oppose à eux et et un facteur de désordre pour les communautés. On en revient au choix analytique qui se présentait au début de l’article. Soit on considère l’expérience de Crawford comme celle d’un chanceux qui a su tirer son épingle du jeu dans ce que permettent les sociétés occidentales et on le renvoie à une forme de fausse conscience, soit on prend acte de sa réussite pour s’instruire et interroger d’autres pratiques qui nous permettront de subvertir l’ordre actuel du travail. Ce qui nous ramène à la positivité de son expérience.

L’ennemi c’est l’abstraction. C’est l’ennemi intérieur quand, sous couvert de vouloir nous émanciper, il prêche la conquête des esprits et intente les procès en fausse conscience. On en trouve chez les marxistes, ce sont ceux qui n’y ont pas compris grand-chose, ce sont les idéalistes dialecticiens et je recommande la lecture de l’article d’Alan Wood sur le Vénézuela pour comprendre par quels artifices rhétoriques ils s’assurent d’avoir toujours raison sans jamais rien faire. Mais plus fondamentalement, l’ennemi c’est le travail abstrait tel que Marx l’avait déjà identifié, c’est-à-dire le travail rapporté à une quantité de temps homogène et équivalente pour tous les travaux. Ce n’est qu’à cette condition que le travail peut rentrer dans le procès du Capital. Que l’abstraction du travail salarié s’étende du fait des progrès de l’automation et dorénavant de la modélisation des activités cognitives ne change pas la nature de l’ennemi : abstraction et son bras armé, la quantité homogène. Or toute l’expérience de Crawford est un vibrant plaidoyer pour la redéfinition, la reconfiguration et la saturation du temps de travail par les éléments qualitatifs de l’activité humaine. Tautologiquement, la qualité qualifie mais que veut dire qualifier ? Abstraitement cela veut dire attribuer un caractère (une qualité) à une chose. Concrètement, qualifier revient à différencier, à créer une différence réelle c’est-à-dire une différence qui puisse être éprouvée. Régler un carburateur revient à qualifier la puissance du moteur et, dans le quart de tour qu’on applique à la vis, la différence de puissance est éprouvée par celui qui tient en main ou entre les jambes la machine motorisée (eh oui, difficile de ne pas la faire). La qualité est concrète ou n’est rien. Autrement dit, la qualité est toujours située, toujours déterminée par un contexte qui l’effectue et l’effectuation de la qualité c’est l’excellence, c’est-à-dire la conquête d’un état de choses par une qualité, par une qualification concrète. Dès que l’on fait entrer la qualité concrète dans l’ordre de nos conduites, on se donne la possibilité d’un comportement éthique.

« L’admiration de l’excellence humaine relève d’un éthos aristocratique. Il est peut-être un peu excentrique de parler d’aristocratie à notre époque, mais il convient de tenir compte de cette vérité paradoxale : l’égalité est elle-même un idéal aristocratique. C’est l’idéal entre ceux qui se tiennent à distance de la masse et se reconnaissent entre eux comme des pairs. Cela peut concerner des professionnels spécialisés ou des travailleurs sur un chantier. En revanche, l’idéal bourgeois ne repose pas sur un principe d’égalité, mais sur un principe d’équivalence – sur l’idée d’une interchangeabilité qui efface les différences de rangs. » pp.232-233. Que Crawford finisse son essai sur ce genre de phrases laisse songeur, surtout après avoir emprunté tantôt des voies aristotéliciennes concernant le bien vivre, tantôt les voies de Hannah Arendt pour les conditions de travail de l’homme moderne, tantôt Marx sur l’aliénation capitaliste parfois en le simplifiant. Il est peut-être un peu excentrique de parler de Nietzsche à notre époque mais j’ai rarement lu une phrase qui l’actualise de façon aussi précise et efficace. On en reparlera.

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2 réflexions sur “Ethique du carburateur

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