L’offre documentaire dans les bibliothèques rurales à l’âge de l’infobésité.

Un retour sur le cycle de formations intitulé CULTURE NUMERIQUES : sensibilsation et expérimentations

et

Une contribution à la question d’une politique documentaire concertée

La question est simple : les bibliothèques rurales du futur seront-elles des comptoirs en terre étrangère (la campagne) pourvoyeuse d’infobésité générées par nos métropoles ou bien peuvent-elles prétendre agir comme des cribles qualitatifs auprès des habitants qu’elles ont pour mission de servir ?

On trouve tout de suite la notion de l’offre documentaire comme pièce maîtresse du dispositif qui empruntera l’une ou l’autre des voies possibles.

Soit la voie de l’infobésité : on étend aux documents numériques les pratiques et les modalités de l’offre documentaire telle qu’elle existe depuis le développement des politiques culturelles locales. C’est-à-dire qu’on s’appuie ce que propose le marché de l’édition traditionnelle et numérique, on opère une sélection à visée généraliste et/ou universaliste et on offre au lecteur un service public de prêt. Bien qu’un consensus existe dans la profession pour faire évoluer ce schéma (la réflexion autour des bibliothèques troisième lieu en étant probablement l’aspect le plus en pointe) j’interroge ici la permanence de ce schéma. Quels pourraient en être les présupposés tels qu’on les retrouve dans la question de l’offre documentaire numérique ? J’en dénombre déjà deux :

  • on se propose d’intervenir au niveau de l’accès aux documents avec en corrollaire la logique de prêt qui est forcément induite en tant que collectivisation de l’accès mais qui est problématique en raison du support numérique issu du réseau.

  • on entend maintenir la visée généraliste ou universaliste de la sélection opérée en dépit de l’augmentation quantitative de l’offre du réseau dans et en-dehors du marché.

Mais l’évolution des techniques semble nous indiquer que l’accès aux documents numériques se fait toujours au plus près de l’utilisateur final. Une fois l’accès à Internet obtenu, que ce soit auprès des fournisseurs d’accès à Internet ou bien des opérateurs téléphoniques, l’accès aux documents est virtuellement réalisé et ne devient qu’une affaire d’usage plus ou moins conscient et construit. De ce point de vue, il existe une littérature foisonnante pour dire que la médiation numérique devient un enjeu crucial pour le métier de bibliothécaire mais là encore, cette médiation, lorsqu’elle est centrée sur une ressource du type « livre numérique », semble se rajouter aux forums de lecteurs et aux algorithmes de contextualisation que les logiciels des libraires en ligne fournissent sans pour l’instant en modifier sensiblement la qualité.

Quand à la sélection opérée d’après l’offre du marché, on n’aura pas manqué d’observer que celle-ci s’est considérablement élargie depuis le temps où le développement de la lecture publique est devenue une affaire de politique locale à partir des années 80. Sans compter la numérisation des œuvres, l’industrie du livre n’a jamais aussi bien porté son nom, quant à celle de la musique ou du cinéma, il suffit de songer aux puissants groupes multinationaux qui la dirigent pour se convaincre de la taille absolument gigantesque que représente la production culturelle. Pour les bibliothèques, particulièrement en milieu rural, répondre tantôt à une demande précise est de fait plus difficile que de ne pas y répondre (contrainte de précision de l’offre), tantôt à des demandes simultanées dans le cadre d’un succès de librairie est également difficile (contrainte d’absorption de l’offre). Les Bibliothèques Départementales de Prêt interviennent en endossant le rôle tampon consistant à tempérer les difficultés structurelles des bibliothèques rurales. Toujours est-il que pendant ce temps, c’est encore au plus près de l’individu que le marché parvient grâce à son extraordinaire puissance de feu quantitative et la redoutable granularité que lui offre le réseau. Serait-ce alors parce que tout le monde n’a pas accès à l’offre du marché qu’il faut qu’il y ait des bibliothèques ? Bien entendu. Mais cet argument-bélier qui a rempli son rôle quant à la couverture culturelle des territoires en est arrivé à produire (pas seul bien entendu) un effet paradoxal : on a cru que l’accès à la diversité culturelle n’était qu’une affaire d’accès à l’offre culturelle mais ce qu’on aperçoit c’est que l’accès à l’offre culturelle est aussi une affaire « culturelle ». Dans nos sociétés, on choisit (plus ou moins librement c’est indiscutable) son offre culturelle parmi les nombreuses cultures et contre-cultures disponibles ; la bibliothèque est présente dans certaines et absente sans d’autres.

Enfin, on le note sans trop insister mais on remarquera que la question de l’accès aux ressources numériques est posée au-delà des bibliothèques par la question du téléchargement illégal tandis que la sélection opérée sur le marché de l’édition numérique peut consister à la sélection de bouquets ou de catalogues qui ruinent le principe même de la sélection. Dans les deux cas, définir l’offre documentaire consiste à opérer dans un environnement hautement instable quant à la définition même de ces objets (livres numériques ) et des rôles (éditeurs, diffuseurs, médiateurs).

Bref, on sait qu’on prend la voie de l’infobésité quand on en subi déjà les effets et qu’on ne parvient  pas à s’en dépêtrer : approche quantitative déterminante, contraintes multiples et surtout contradictoires, coût économique et humain disproportionné par rapport aux effets obtenus.

Soit la voie d’une certaine sobriété : on part de principes directeurs expérimentaux et non plus à partir de constats puisque nous abordons une terra incognita. On ne fait l’acquisition d’un document que dans les cas suivants :

  • une demande expresse est faite par un lecteur et le document n’est pas disponible à la Médiathèque Départementale ;

  • le document est inclus dans un projet d’animation ou de médiation quelconque et le document n’est pas disponible à la Médiathèque Départementale.

  • Le ou la bibliothécaire peut proposer une liste d’acquisition mais celle-ci est motivée et soumise à une communauté de lecteurs selon des modalités à définir mais qui devraient aboutir à une sorte de vote.

De quoi s’agit-il dans ces trois cas ? Assurer respectivement la traçabilité, la visibilité et la transparence de la politique d’acquisition documentaire. Les termes sont souvent associés à des procédures de contrôle mais ce seraient se tromper sur la finalité que l’on se propose. Traçabilité, visibilité et transparence sont des conditions d’exercice de la mémoire collective et de l’appropriation collective du sens.

Traçabilité : l’acquisition doit pouvoir être rattaché à un besoin formulé concrètement et expressément en sorte non seulement qu’il soit possible pour l’agent de rendre compte de ses dépenses mais également parce qu’est ainsi acquis un échange préalable qui, éventuellement, pourra être formalisé dans un média quelconque à des fins d’archivage, d’enquêtes qualitatives ou à des fins de valorisation du fonds documentaire.

Visibilité : là, il s’agit de rattacher toute acquisition à un usage et, précisons bien, n’importe quel usage ; du plus utilitaire au plus esthétisant. Il existe un culte secret du livre dont Pascal Quignard avait retrouvé la formule chez un ancien : in angulo cum libro (« dans un coin avec un livre ») pour dire l’isolement auquel invite la lecture et le souverain plaisir de cette solitude. Nous faisons le pari qu’une personne connaissant ce plaisir trouvera toujours le moyen de le savourer, avec ou sans bibliothèque, pourvu qu’il trouve un livre et un angle. Nous faisons par contre le pari qu’à l’ère de l’infobésité, un document qui sert a plus de valeur qu’un document qui reste une pure virtualité sur une étagère. Mais, dira-t-on, faut-il que la Divine Comédie serve pour l’avoir dans notre bibliothèque ? Il est comme ça des livres que l’on se plaît à avoir dans nos rayons comme on a des cathédrales dans nos cités qui nous regardent du fond des âges. C’est l’objet du troisième point.

Transparence : les choix d’acquisitions hors usage doivent être l’occasion, sinon d’un échange, du moins d’une invitation à l’échange. En effet, on n’est pas garanti de l’intérêt que soulève la proposition d’un bibliothécaire et on devrait donc se prémunir de l’indifférence par la seule obligation de signifier une volonté d’acquisition. Au delà d’une période, la procédure se poursuivrait. Mais d’ici là, on se sera donné l’occasion de se faire l’avocat de nos lectures ou de nos visionnages, on aura défendu un désir de lecture et on l’aura soumis à l’approbation collective. En dehors de sujets à forte teneur polémique, il est peu concevable qu’un(e) bibliothécaire soit contesté(e) car je ne vois pas comment défendre son point de vue ne puisse produire une forme de légitimité. Quant aux sujets polémiques, ils seront assumés en raison même de leur polémicité. Cela plus encore, assumer un point de vue à travers le conflit, est une plus grande source de légitimité.

 À bien y réfléchir, de telles règles ne suffisent pas si elles ne s’accompagnent pas d’une action plus large dans laquelle elle trouve leur place. Quelle est-elle cette action ?

On dira :

il ne suffit pas d’être traçable, visible ou transparent, il faudra mettre en scène ce que permettent la traçabilité, la visibilité et la transparence de la politique d’acquisition documentaire, à savoir, nous l’avons dit, l’exercice de la mémoire collective et l’appropriation collective des significations.

De quoi s’agit-il concrètement ? On propose les actions suivantes :

  • l’essentiel du fonds documentaire physique est mis en magasin ou en réserve ;

  • le lecteur est invité à consulté l’OPAC pour y faire ou faire faire ses réservations ;

  • ne subsiste qu’un rayonnage pour les nouveautés, les documents multimédias et le coin jeunesse ;

  • s’y ajoute systématiquement une exposition thématique et renouvelée 3 à 4 fois par an (c’est également une piste pour l’aménagement des points-lectures) ;

  • un programme d’animation en relation avec cette exposition thématique pourra être défini ;

  • l’espace par ailleurs libéré ouvrira la voie à des aménagements dignes d’une bibliothèque troisième lieu.

Qu’entends-t-on faire ainsi ? Un ouvrage seul ne signifie rien ou plus grand chose. C’était la parabole du Nom de la Rose : vous ne parviendrez jamais à supprimer les livres des hommes pour en préserver un seul, fût-il de Dieu ! Tout livre s’inscrit dans une histoire, qui est un parcours, qui implique un paysage, des gestes, des sensations et des contextes et des luttes ou des épreuves. Il faut mettre en scène des parcours de lecture non pas parce qu’ils n’existent plus mais parce que la disponibilité ubiquitaire, immédiate et écrasante que représente les fonds documentaires connectés à l’Océan Internet les contient virtuellement tous. Ces expositions expliquent ou développent actuellement ce que les fonds documentaires impliquent ou enveloppent virtuellement. Plus profondément encore, si tout fonds documentaire dont Internet est un Océan matériel, support de nos mémoires, c’est parce qu’il est aussi en contigüité avec elles dans ces traits caractéristiques. Car c’est la Mémoire elle-même, ou le Temps, qui existe réellement en tant que disponibilité virtuelle ne demandant qu’à s’actualiser dans les gestes et les sociétés humaines. Les expositions thématiques des futures médiathèques sont des laboratoires expérimentaux ou des salles de jeux de ce qu’est la vie elle-même : une tentative d’occuper un temps et un espace après et au milieu de tant d’autres.

Que signifie des murs encombrés de rayonnages dans ce contexte. Ils montrent et mettent en valeur le fonds documentaire pour autant que personne n’en actualise les potentialités. C’est une pure forme de prestige qui possède la beauté majestueuse des chateaux en ruines qui hantent le romantisme. Splendeurs d’antan invisibles au moderne, figures désolées d’un âge d’or qui n’a bien entendu jamais existé. Nostalgie du temps où nous explorions seuls ces parages désertés et découvrions par nous-mêmes les trésors engloutis.

Enfin, une « exposition-parcours de lecture multimédia » se prolonge soit dans le temps à travers des animations, soit dans l’espace en étant physiquement relié à des espaces typiques d’une bibliothèque troisième lieu : espace de travail, espace convivial, espace de consultation vidéo, etc… Parce que même ainsi, une pure exposition reste une pure virtualité comme elles le sont génériquement dans les musées. Une animation ou des espaces connexes sont des instants ou des lieux privilégiés, laissés à la discrétion du public afin qu’il choisisse lui-même les modalités par lesquelles l’exposition va s’actualiser en lui.

Bref, on prend la voie de la sobriété quand on applique un principe de parcimonie à l’acquisition documentaire, principe d’économie qui offre en contrepartie la possibilité de parcourir, tant pour le bibliothécaire que pour l’usager, la chaîne intégrale de la médiation, autrement dit de performer le sens de l’action, de le réaliser à chaque fois, ponctuellement, itérativement.

Un dernier mot non pas sur le sujet de l’acquisition documentaire mais sur un aspect qui la conditionne et qui explique le vocabulaire provocant de la question : les bibliothèques rurales du futur seront-elles des comptoirs en terre étrangère (la campagne) pourvoyeuse d’infobésité générées par nos métropoles etc..?

Sur le terrain, les débats que suscitent les mutations de la société dûes au développement technologique et de là le rôle actif que les bibliothèques rurales sont amenées à y jouer peuvent commencer à être identifiés par certains motifs autour desquels les arguments et les positions se dessinent. Il importe de dire que ces débats ont pris l’aspect de violentes polémiques pour des personnes qui ni ne sont habituées à l’aprêté des confrontations intellectuelles ni ne sont familiarisées avec les outils et les règles à faire valoir pour de telles confrontations. Ce tour doit d’autant plus retenir notre attention qu’il se produit dans un contexte social et économique de grande vulnérabilité tant pour les personnes que pour toutes les institutions, privées ou publiques, qui habitent ces territoires. Enfin, à force de le déplorer, on aurait tendance à la banaliser mais l’œuvre faussaire des débats de société qui sont relayés dans les médias les plus importants finissent par détruire tout repère intellectuel un tant soit peu cohérent. Il en résulte une véritable déroute idéologique qu’on constate effrayés lors de ces échanges. Ce dont nous sommes témoins, ce n’est ni plus ni moins que l’agressivité, la souffrance et parfois jusqu’à la haine qui saisit une personne, souvent bien intentionnée, essayant de comprendre un enjeu de société et à qui manque les mots, les outils intellectuels, la reconnaissance de sa situation et qui, contrainte de recycler les clichés médiatiques, s’enferre dans un filet de contradictions. Avec un peu de sensibilité, on perçoit très vite les potentialités très graves quant aux conséquences individuelles et sociales d’une addition de telles frustrations.

Que proposons-nous ? Donner à ce débat qui implique les médiathèques une chance d’avoir lieu dans de bonnes conditions.

Qu’appelle-t-on « bonnes conditions » d’un débat ? C’est d’abord, négativement, ne pas enfermer le débat dans de fausses alternatives : « -Technophobe ou technophile ? Fais ton choix ! Aigri ou cool, has been ou chébran ? Ça dépend de toi ! ». Ensuite, positivement, cela consiste à conférer et préserver une égale dignité entre tous les participants aux débats. Je propose une piste dans ce sens.

C’est-à-dire :

a) Une vraie action d’éducation populaire sur la signification de la modernité historique.

Les termes d’hyper-modernité ou de post-modernité sont en libre circulation mais de manière telle que l’attention est portée sur les préfixes dont le sens est quasi-nul tandis qu’on laisse penser que le substantif tire le sien des phénomènes de mode. Pour des raisons que j’ignore et me l’étant pour mon compte appropriée que très récemment, non seulement la modernité historique nous cerne de toutes parts mais elle est réellement un non-dit des discours contemporains, sauf bien entendu dans les lieux autorisés et sans plus guère d’effets d’influence que sont les sciences humaines académiques. Et pourtant, comme c’est crucial !

Il n’est effectivement pas un ou une d’entre nous qui ne peut se dire enfanté par elle. Que l’on soit habitant des villes ou des campagnes, ouvriers, paysans, artisan, commerçant, entrepreneur, d’origine immigrée tardive ou récente, d’origine post-coloniale, quelque soit notre orientation sexuelle, pas une de nos vies ou celles de nos parents n’est marquée par les tragédies ou les épreuves qui traversent et continuent de faire l’histoire. Il me semble que l’on peut, à peu de frais intellectuels, inviter tout le monde dans un débat sur un consensus minimal autour d’une définition de la modernité. Je propose à titre d’exemple mais je ne prétends ni faire autorité ni être original : l’Homme Moderne est un hommedéfinit sous trois angles, tantôt majeur, tantôt mineur : politique, il est l’homme individuel et le peuple universel des Droits de l’Homme (en mode mineur, il est femme, ou apatride ou indigène) ; économique, il est l’homme du capitalisme industriel (en mode mineur, il est paysan ou artisan) ; scientifique, il est la voix de la Raison (en mode mineur, il est romantique, nihiliste ou indigène). Sous ces trois angles, et leur versant majeur et mineur, il devient possible d’agréger la plupart des conflits dont est tissée la modernité et il est possible à chacun de retrouver la source des conflits où il s’origine.

b) Faire une place d’honneur à une tradition critique de la modernité, informelle et reconstruite a posteriori mais extrêmement pregnante dans les termes qu’elle a réussi à imposer : les antimodernes.

Je cite le quatrième de couverture d’un livre qui est consacré à cette « tradition » : « Qui sont les antimodernes ? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contre-cœur, malgré eux, à leur corps défendant, ceux qui avancent en regardant dans le rétroviseur, comme Sartre disait de Baudelaire. Ce livre poursuit le filon de la résistance à la modernité qui traverse toute la modernité et qui en quelque manière la définit, en la distinguant d’un modernisme naïf, zélateur du progrès. Une première partie explore quelques grands thèmes caractéristiques du courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles. Ces idées fixes sont au nombre de six : historique, la contre-révolution; philosophique, les anti-Lumières ; morale, le pessimisme ; religieuse, le péché originel ; esthétique, le sublime; et stylistique, la vitupération. Joseph de Maistre, Chateaubriand, Baudelaire, Flaubert d’un côté, de l’autre Proust, Caillois ou Cioran servent à dégager ces traits idéaux. Une seconde partie examine quelques grandes figures antimodernes aux XIXe et XXe siècles ou, plutôt, quelques configurations antimodernes majeures: Lacordaire et le groupe de L’Avenir autour de 1830 ; Léon Bloy polémiquant avec l’antisémitisme vers 1892; Péguy et le milieu des Cahiers de la quinzaine avant 1914; Albert Thibaudet et Julien Benda, maîtres à penser de la NRF de Paulhan entre les deux guerres ; Julien Gracq en délicatesse avec le surréalisme ; enfin, Roland Barthes, « à l’arrière-garde de l’avant-garde », comme il aimait se situer. Entre les thèmes et les figures, des variations apparaissent, mais les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l’antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes, ils ont été les modernes plus la liberté. » Les antimodernes : de Joseph de Maistre à Roland Barthes d’Antoine Compagnon.

Le choix des antimodernes, comme la mise en avant d’un seul livre, ne relève pas ici d’une prétention totalisante mais sert à identifier un espace de débat intellectuel ancré historiquement, digne et probe (qualités essentielles) et surtout à partir duquel il est possible de faire entrer en résonance la plupart des débats qui traversent la révolution numérique, particulièrement tels qu’ils se formulent dans nos campagnes . Il faut donner une chance à ce débat en armant et en aiguisant la critique légitime qu’il doit provoquer et celà en confortant et en enrichissant la critique initiale à partir de ce qu’historiquement elle a su produire de meilleur et de plus sain pour tous. Une telle politique culturelle n’est certes pas protégée des pièges du snobisme et de l’instrumentalisation. Mais, je le répète lourdement, pour qui est capable de sentir l’urgence à prévenir toute dégradation accélérée de ce qui subsiste du tissu social ce serait porter une lourde responsabilité que de ne rien tenter.

Je le formule comme un raisonnement et par des arguments mais au fond il s’agit d’une supplique.

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