« Si vous matérialisez ce qui est en vous, ce qui en vous vous sauvera.
Si vous ne matérialisez pas ce qui en vous, ce qui est en vous vous détruira. »
Jésus-Christ, je crois.

Compagnie Jolie Môme. © Only Photos 2010
Le dernier festival « La Belle Rouge » vient de se terminer et, comme à chaque fois, c’est quand tout est fini, quand les festivaliers sont partis et les chapiteaux démontés, que je saisis ce dont j’aurais aimé parlé avec les camarades. Le déclic en est une courte discussion au restaurant autour du mécénat et de la question qu’il pose par rapport au retrait des subventions publiques. Bien que fondamentalement d’accord avec mes interlocuteurs sur le rapport que l’on peut faire entre mécénat et RGPP, je n’ai pu m’empêcher d’introduire un peu de contradiction pour inviter mes partenaires à faire de la casuistique en ce domaine. J’ai finalement assez vite abandonné parce que je ne savais pas où j’allais et que le lapin à la moutarde était servi. C’est en rentrant à la maison que j’ai saisi de quoi il retournait. En fait, à chaque festival, il y a une demande intellectuelle que je n’ose formuler parce qu’on s’éloignerait du débat militant, même si c’est pour mieux y revenir. La demande est la suivante : ne pourrions-nous pas, nous, gens de gauche, expliquer nos clivages doctrinaires ou programmatiques, non par les rapports que l’on entretiendrait vis-à-vis d’une vérité ultime mais par les métaphysiques sous-jacentes à ces clivages et qui conditionnent nos conceptions de la vérité ? Bref, il s’agirait de reconnaître que nous disposons de diverses armes intellectuelles et en conséquence de diverses tactiques contre un ennemi commun, le capitalisme, qui lui-même ne manque pas de se rendre protéiforme.


